Unusual View of Unknwon Subjects, 2013



This series is a body of work based on press photographs that have been collected in various newspaper archives in the United States. All images that are published in the press are regularly gathered in these archives where they are marked, numbered and indexed by date or key words. The prints are full of peripheral elements that explain their existence and legitimacy.


From amongst all these marks, I have focused on the indications showing how the image was to be cropped for publication. These “stigmata” are proof of the use of the image and of its transformation. They take the shape of visual (sometimes textual) dialogues between the protagonists who have
handled it. Parallel stories in themselves, these annotations are also indications of "that-which-has-been", a notion that is so fundamental in the history of the photographic medium. These permanent tattoos on the surface of the print clearly show the arbitrary and reductive politics of the image at work in press offices: the determination to stick to the event, to the subject, and to preserve the reader from any “useless” elements. I use these marks as the foundation for my experiments by cutting out what the newspaper published, completely removing the image that was seen by the public.


Through this process, I try to define the notion of what is beyond the field of vision and to question the idea of photography as depicting something special or spectacular. The print, with its center amputed, becomes a frame, an object emptied of the core through which the viewer engaged with the image. This heavily-mutilated object nevertheless seems to live by itself and cannot be ignored. Displayed, dismembered, it indicates the blind spot of a story which has already been told and forgotten. Exhibited but not unveiled, the photograph only shows the scars on its skin. Turned inside out, the image becomes the echo of a tumult that is now obscure, the incomplete words of an incomprehensible sentence.



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Cette série est un travail sur les tirages de presse récupérées dans diverses rédactions de journaux américains. Toutes les images publiées sont compilées dans ces archives, elles sont marquées, numérotées et indexées par dates ou mots-clés. L'image est bardée d'éléments périphériques nécessaire à son existence et à sa légitimité.


Parmi toutes ces marques, je me suis focalisé sur les indications montrant comment l’image à été recadrée pour la publication. Ces stigmates sont la preuve de son utilisation, de sa transformation; elles prennent la forme de dialogues visuels (et parfois textuels) entre les protagonistes qui la manipulent. Véritables histoires parallèles, elle indique une forme du "ça a été" si fondamental dans l'histoire du médium. Ces tatouages indélébiles sur la surface des tirages dénotent bien d'une politique arbitraire et réductrice de l’image menée dans les rédactions: la volonté ou le besoin de coller au plus près de l’événement, du sujet, et de préserver le lecteur de tout élément superflu. J’utilise ces marques comme clé de voute de mes expérimentation. Je découpe et j'enlève ce que le journal à publié, je retire l'image vue.


Par ce processus, je tente de définir les notions de hors-champ, de questionner la notion du spectaculaire photographique. L’épreuve, amputée de son centre, devient un cadre, un objet vidé de son noyau par lequel le spectateur entre. Cet objet désormais mutilé semble tout de même vivre par lui même, il ne peut être réduit au silence. L'objet déployés, démembrés raconte les angles morts d'une histoire déjà vue, déjà racontée et souvent oubliées. Elle est présentée mais pas dévoilée, elle ne montre que son échine couverte d'autant de cicatrices, et de marque. Sans dessus dessous, l'échantillon ne porte sur lui que les échos d'un tumulte devenu obscur, les mots incomplets d'une phrase imperceptible.